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C'est officiel: les Américains ont perdu la boule! (ou l'art d'utiliser une Barbie afro-américaine pour massacrer la francophonie)
Non, vous ne vous apprêtez pas à lire un billet sur la
connerie américaine en Irak, ou sur la connerie américaine éventuelle (et de
plus en plus réelle) en Iran, ou sur la connerie américaine sur la question
du bouclier anti-missile. Non. Je laisse ça aux journalistes sérieux qui ont
fait leurs recherches. Ce que vous vous apprêtez plutôt à lire se veut un billet sur la dégénérescence de la conscience de nos voisins du sous-sol en matière de culture, de star système et de respect des vrais artistes et créateurs. Et j’ai nommé : l’effroyable prestation de l’effroyable Beyoncé Knowles aux Academy Awards de dimanche dernier [27 février]. *(note du webmestre: voir le vidéo en clickant ici) Ne vous détrompez pas, je suis la première à avouer que ce gala, aussi pompeux qu’un caniche après une séance de toilettage avec un toiletteur canin qui a de toute évidence manqué d’amour dans sa jeunesse, est d’une platitude à faire bailler un prof de méthode quantitative. Mais, que voulez-vous, chaque année je m’entête à subir ces quatre heures et plus de médiocrité télévisuelle. Personne n’est parfait.
Donc, dimanche dernier, je m’installe relativement confortablement dans mon lit, devant ma vieille télé à roulette, et je regarde défiler horreur de haute couture par-dessus horreur de haute couture en savourant niaiseusement mon pop-corn. (Il est important ici de souligner le fait que je suis installée confortablement dans mon lit et que je suis devant ma vieille télé à roulette).
Chaque année, l’Académie demande aux compositeurs des cinq chansons nommées pour la meilleure chanson tirée d’une bande sonore d’interpréter leur œuvre. Cette année, coup de théâtre, ils ont décidé de demander à des « célébrités » d’interpréter ces chansons. Je me dois ici de souligner l’effort du pauvre Antonio Banderas, accompagné d’un Carlos Santana visiblement en perte de ses capacités, qui a bien tenté de rendre à sa façon Al otro lado del rio du film Carnets de voyage, mais qui aura seulement réussi à prouver que d’abandonner sa carrière de comédien relèverait du domaine de la « très mauvaise idée ».
Alors, entre deux remises de prix pour des catégories relativement bénignes (dans le genre meilleure coiffure et meilleur maquillage), je ne me souviens plus qui est venu présenter la chanson Vois sur ton chemin de la trame sonore du film français Les Choristes. Et là… horreur et malédiction, on présente la merrrrveilleuse Beyoncé Knowles, venue interpréter ladite chanson. Inutile de dire que, malgré mon manque flagrant de télécommande, et bien malgré l’aspect relativement confortable de mon lit, je suis bondie juste à temps pour changer de poste. En fait, je dis « juste à temps », mais j’ai quand même eu la malchance d’entendre les deux ou trois premiers mots français qu’a torturés notre reine nubienne de la vocalise R&B américaine. Je m’attendais au désastre, je le pressentais et l’appréhendais.
D’après ce que j’ai pu constater dans les médias québécois le lendemain matin, mon instinct ne m’avait pas trompé. Je tiens ici à citer un article lu dans le site de Radio-Canada : « La belle Beyoncé a interprété (ou assassiné à coups de vocalises et de massacre du français, selon le point de vue) la très épurée chanson des Choristes Vois sur ton chemin, mais malgré toute cette souffrance l'Oscar est plutôt allé à la chanson thème de Carnets de voyage. » Et un autre article trouvé dans le site cyberpresse :
« La chanteuse Beyoncé, dont les services ont été retenus
pour interpréter trois des cinq chansons originales sélectionnées, s'est en
effet lancée dans une interprétation pour le moins singulière de Vois sur
ton chemin, la chanson des Choristes.
Mais merde!!! C’est quoi leur problème au juste aux Américains? Ils auraient facilement pu trouver une « célébrité » qui sait chanter en français. Le nom de Rufus Wainwright me vient tout de suite à l’idée.
D’autant plus que la « belle Beyoncé » et son équipe de gérance ont tellement su bien jouer leurs cartes (ou payer des gros cadeaux aux organisateurs de la soirée, mais là, j’extrapole…) qu’elle a récidivé, et deux fois plutôt qu’une s’il vous plaît, au cours de la soirée et est venue interpréter tour à tour une chanson du film Polar Express et une autre du Phantom of the Opera. Honnêtement, je ne comprends pas où elle a trouvé le culot de se présenter de nouveau sur la scène du crime.
Vraiment, mes plus sincères sympathies aux auteurs de la chanson Vois sur ton chemin, Bruno Coulais et Christophe Barratier, qui se sont empressés de sauter dans un avion samedi soir, tout de suite après la soirée des César en France (équivalent Français des Oscars), pour se rendre dans la capitale de la connerie pour voir une super star américaine blasée massacrer leur œuvre. Je peux juste imaginer toutes les contorsions qu’ils ont dû faire pour réprimer soit leur rage, soit leur fou rire.
Encore une fois, les Américains nous ont démontré avec disgrâce leur ignorance élitiste flagrante. Les plus polémistes diront qu’il s’agissait peut-être d’une douce vengeance envers les Français qui n’ont pas bien su se mettre à quatre pattes devant l’empire pour ce qui est de la question de l’Irak. Après les « freedom fries », Beyoncé! Gare à vos fesses, l’Oncle Sam a maintenant recours aux bonnes vieilles tactiques de la cour d’école. Le prochain à le contredire se méritera un sérieux « wedgy »! Ou pire… on lui fera manger une grosse poignée de neige jaune.
Sans faire de mauvais jeu de mots, cette prestation entrera sûrement dans les annales de l’absurdité américaine dont nous sommes tous témoins quotidiennement. Une autre malencontreuse anecdote dans le grand livre des gaffes hollywoodiennes. | ||
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© 2005. Hélène Tremblay. Ah pis non, tin, ©2005.Buzpopman.com Mouahahahaha! | |