![]() Le Droit Arts & spectacles, samedi, 9 février 2008, p. 44 La Compagnie créole au CNA Un party antillais accueilli tièdement Mongrain, Marc-André La Compagnie Créole était en ville hier soir et nous invitait à un party antillais qui aurait sans doute mieux levé au Théâtre du Casino qu'à la Salle Southam du CNA. Inutile de faire la fine oreille avec des attentes de critique snob. On se pointe à un concert de la Compagnie Créole comme à une semaine dans un Club Med : on s'attend à ce qu'ils nous emmènent loin d'un mois de février glacial, un point c'est tout. La formule est simple : il suffit d'accepter son "quétaine intérieur", fredonner haut et fort leurs innombrables succès et se faire aller le popotin. Mais même en baissant nos gardes, le spectacle décevait un peu. Il a fallu une bonne dizaine de chansons avant que les dix musiciens n'arrivent à faire interagir la foule et même là, ce n'était pas la grande fête à laquelle on s'attendait. Les spectateurs qui daignaient sortir de leur coquille pour danser étaient bien éparpillés et franchement peu nombreux. La Salle Southam y était sans doute pour beaucoup. Difficile à réchauffer, la grande pièce du CNA est taillée sur mesure pour des spectacles grandioses et aucune des quatre voix du collectif antillais ne pourrait aspirer à ce qualificatif. Pas plus que les arrangements musicaux, gentils tout au plus. Un endroit plus convivial aurait sans doute mieux servi les intentions peu prétentieuses du groupe. Avec une sonorisation inégale et des éclairages carrément dérangeants, la technique n'allait pas aider le groupe à faire lever les gens de leur siège non plus. Mais qu'importent ces détails, tant que les chansons connues nous enchantent, pas vrai ? Même à ce niveau, ça laissait à désirer. Outre une étrange séquence de Noël qui a semé une confusion palpable, des pièces plus lentes comme Santa Maria de Guadeloupe, une reprise périlleuse des Trois cloches d'Edith Piaf et La gourmandise laissaient la foule inerte et peu intéressée. Les quelques interludes instrumentaux, qui ne servaient que de moment de répit pour permettre à la chanteuse Clémence de changer de robe, généraient le même effet. On se demande d'ailleurs pourquoi diantre fallait-il lui faire porter une demi-douzaine de vêtements différents au cours de la soirée. Évidemment, les classiques comme Au bal masqué, Collé collé et Ça fait rire les oiseaux - qui aurait sans doute détraqué un accordeur - auront fait le boulot et le public semblait ravi de cette dose de nostalgie qui ne pouvait pas les décevoir. On ne peut toutefois pas s'empêcher d'imaginer la grande célébration qui aurait eu lieu dans un meilleur contexte. Peut-être une prochaine fois ? mamongrain@ledroit.com |