Le Droit
Arts, mardi 8 mai 2007, p. 26

Eartha Kitt séduit encore à 80 ans

Mongrain, Marc-André

À 80 ans, la somptueuse Eartha Kitt joue encore les séductrices sur scène et y prend un grand plaisir. C'est avec le soutien de l'Orchestre du Centre national des arts (OCNA) que la grande dame polyvalente fera vibrer ses cordes vocales et roulera des hanches du 10 au 12 mai à la salle Southam.

Elle titillait déjà la libido de messieurs en 1953, lorsqu'elle énumérait ses désirs matériels dans la chanson Santa Baby, qui est devenue un classique du temps des Fêtes et dont la version originale tourne encore à l'occasion.

"C'est une de ces occasions qui permettent à ton nom de rester vivant", souligne Mme Kitt, encore émue de sa présence sur les radios quelque 50 ans plus tard.

Et son étoile de "sex-symbol" n'allait pas pâlir de sitôt.

Entre la danse, les cabarets et les "spectacles Broadway", la "femme la plus excitante du monde" selon Orson Welles allait cristalliser, dès 1968, la connotation fantasmatique du chat femelle dans l'imaginaire américain en incarnant Catwoman dans la série télé Batman, une autre "occasion qui garde mon nom vivant". "Mon nom est étampé à ce personnage.

Tout le monde semble croire que je suis une chatte... et pourquoi pas ?" raconte la diva avec un ton aguichant.

Il est vrai que Mme Kitt a quelque chose de félin. Son attitude lui a d'ailleurs valu cette réputation qui la suit partout : celle d'une séductrice indomptable.

Elle l'accepte volontiers et en fait même son petit jeu

Très sérieuse

"Je suis très sérieuse au sujet de mon emploi, mais pas au niveau de mon côté sexuel. Je joue beaucoup avec ma sensualité. Les allusions de mes chansons ont été interprétées des millions de fois de façons toujours différentes. C'est devenu une grande partie de plaisir pour moi. J'aime agacer les hommes. J'aime probablement plus ça qu'eux, même !" admet-elle en riant.

On lui accorde le droit volontiers, de par sa longévité bien sûr, mais aussi parce qu'elle a encore étonnamment le physique de l'emploi.

D'ailleurs, le simple fait d'apercevoir une photo de la chanteuse octogénaire soulève la théorie de l'intervention chirurgicale.

En co-quette dame, Eartha Kitt reste vague sur le sujet.

"J'aime prendre soin de moi et essayer de faire des choses que je ne devrais pas faire. Mais la plupart du temps, ça fonctionne. J'essaie d'éviter que la nature prenne le dessus sur moi et je tente de me raccrocher à ce que Dieu m'a donné", souligne-t-elle en cultivant l'ambiguïté

"À l'âge de 80 ans, je me sens mieux que jamais à propos de ma personne. Plus jeune, on me traitait comme une belle femme. On voulait de moi parce que j'étais belle. Je suis plus libre maintenant. Les hommes s'intéressent à moi comme un "Kitt complet", dit-elle avec humour.

Il n'y a pas que les hommes qui s'y intéressent. Eartha Kitt sert régulièrement de comparaison et d'inspiration pour les jeunes chanteuses, actrices et danseuses. "L'imitation est la forme la plus sincère de flatterie, du moins c'est ce qu'on me dit. Et j'y crois. Même les gais m'imitent ! Ils sont souvent meilleurs que les dames pour ça !"

Trois soirs

Infatigable, la grande dame sera des nôtres trois soirs de suite à la salle Southam, accompagnée de l'OCNA.

"C'est mon format préféré, avec un gros orchestre, souligne Mme Kitt avec un peu plus de sérieux. Il y a toute cette puissance musicale sous la voix. Ça permet d'essayer différents trucs vocaux et de pousser la voix davantage, puisqu'on a un coussin sonore."

Pour l'occasion, elle nous offrira une vaste sélection de chansons, dont deux titres en français de Piaf et de Brel : L'hymne à l'amour et Ne me quitte pas.

POUR Y ALLER

QUOI ? Le spectacle d'Eartha Kitt, avec l'Orchestre du CNA

OÙ ? Au Centre national des arts

QUAND ? Du 10 au 12 mai, à 20 h

RENSEIGNEMENTS ? À la billetterie du CNA, à www.nac-cna.ca ou par l'entremise du réseau Ticketmaster, au 613-755-1111 ou à www.ticketmaster.ca

Catégorie : Arts et culture
Sujet(s) uniforme(s) : Musique
Taille : Moyen, 481 mots

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Doc. : news·20070508·LT·0050