
Passe-Partout attire les grands poussinots
Mongrain, Marc-André
Le magasin Archambault de Gatineau était plein à craquer hier soir et pourtant, les disquaires se tournaient les pouces. C'est que le trio principal de l'émission Passe-Partout était de passage pour signer quelques autographes et susciter quelques sourires.
Ils étaient environ 250 à attendre en ligne : des petits et des grands poussinots et poussinettes armés de leur coffret bleu de la deuxième saison de la fameuse émission jeunesse. Ils attendaient pour rencontrer Claire Pimparé, Jacques L'Heureux et Marie Eykel, pour obtenir leur signature et immortaliser leur présence sur un appareil numérique.
Il y en avait des grands qui traînaient leurs enfants trop jeunes pour comprendre. "La vois-tu ? C'est Passe-Partout !", demandait une mère avec les yeux brillants à son bambin confus. Plus tard, une autre petite fille fond en larmes. "Tu ne me reconnais pas ? C'est moi, je suis juste plus vieille !", lui dit tendrement Marie Eykel à la blague.
Un homme dans la trentaine, quant à lui, était venu seul, tout de suite après son emploi, pour adjoindre les trois signatures au coffret de son fils de 13 ans. Rendu à la table, il sort son cellulaire, compose un numéro et tend le récepteur à Claire Pimparé en lui chuchotant quelque chose à l'oreille. Vous l'aurez deviné, le trio se passait le téléphone tour à tour pour saluer le dit fils de 13 ans.
Mais il y avait aussi des petits qui traînaient leurs parents de force. Dans les deux cas, les jeunes familles étaient arrivées tôt : avant même que ne sonnent les cinq heures, la file s'allongeait d'un bout à l'autre du magasin. Sur les écrans, les employés du Archambault faisaient jouer le coffret de la saison 2 pour tenir les gens en place. Que ce soit avec un regard amusé, nostalgique ou émerveillé, tout le monde était pâmé sur ces vestiges d'un passé déterré.
Plusieurs n'avaient pas la patience d'attendre leur tour mais étaient suffisamment curieux pour ne pas partir avant de prendre une bonne dose de nostalgie. Ils se postaient donc en bordure de la table où étaient installés les trois P et observaient les rencontres. C'était le cas du petit Thierry, un jeune bambin de trois ans maximum, et de son père. "Tu vois la longue file ? Si tu veux les rencontrer, il va falloir attendre après tout ce monde-là. Si c'est ce que tu veux, on va le faire", explique stratégiquement le père. Mais Thierry avait déjà tranché : le duo père-fils s'est retrouvé au bout de la ligne, où se trouvaient surtout de jeunes adultes au début de la vingtaine. Toujours en retard, cette génération Passe-Partout !
Parmi ceux-ci, deux jeunes couples, qui n'avaient supposément acheté les coffrets que pour leurs futurs enfants, se récitaient les paroles des chansons et des sketchs. L'un d'eux avait emporté de vieux vinyles pour les faire signer. "1981", dit-il en lisant au bas de la pochette. "Je n'étais même pas né !".
Illustration(s) :
Les trois comédiens se sont approchés du fauteuil roulant de Luc Servant, 26
ans, et lui ont chanté la chanson thème de Passe-Partout.
Catégorie : Arts et culture
Sujet(s) uniforme(s) : Musique;
Adolescents et jeunes adultes
Taille : Moyen, 377 mots
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Doc. : news·20070524·LT·0063