EXTRAS

Critique concert
Damien Robitaille
Rentrée montréalaise

Mercredi 18 novembre 2009 – Club Soda

 (Marc-André Mongrain)

Ceux et celles qui dénotaient une tendance 70s sur le plus récent album de Damien Robitaille n’avaient encore rien vu . Lors de sa rentrée montréalaise hier soir au Club Soda, Damien s’est transformé tour à tour en chanteur de charme à nœud papillon, en «soul machine» déchaîné et en véritable bête de scène rock’n’roll.

Il faisait bon voir Damien Robitaille exploiter son univers à fond, avec les moyens de ses ambitions. Dans une orgie de lumières colorées, l’Homme autonome s’est introduit lui-même au micro (à la Bob Barker!), avant d’aller rejoindre sa troupe de huit musiciens : un trio de cuivres, Alexis Martin à la batterie, François Richard aux claviers, Guillaume Chartrain à la basse et deux choristes de luxe en Amylie (qui assurait la première partie du spectacle) et Gaële.

Le « show-man » a lancé la soirée avec On est né nu avant de promettre à son public « nostalgique » de lui livrer quelques « succès souvenir… d’il y a un an et demi! » et d’enchaîner avec une version lounge d’Électrique.

Le chanteur franco-ontarien allait zigzaguer ainsi entre le matériel de ses deux albums, presque toujours dans des versions bonifiées de soul ou de funk.

Quelques moutures plus tranquilles nous ont été livrées dans la première moitié du spectacle, dont Y’a-t-il quelqu’un, interprétée seul au piano, Un jour, ton jour viendra et la rigolote Jésus nous a dit, avant de nous envoyer à l’entracte avec Plein d’amour.

Pour la deuxième moitié du spectacle, moins d’humour, moins d’élans sentimentaux, et beaucoup plus de rythme. La version endiablée de Sexy Séparatiste, le crescendo monté en épingle de Mètres de mon être et la livraison entraînante de Casse-tête, Mot de passe et Le Touriste du temps ressortaient du lot.

  

L’incontournable en rappel

En rappel, Damien s’est mérité quelques huées bien calculées. «Je ne ferai pas Le Porc-épic ce soir », lança-t-il avant d’être conspué. «Quoi? Est-ce que John Lennon fait encore Imagine? Est-ce que Kurt Cobain fait encore Smells Like Teen Spirit? Est-ce que Beethoven joue encore sa Cinquième symphonie? », demanda-t-il sur un air des plus sérieux avant d’abdiquer, au grand plaisir de la foule.

Un Monsieur Astronaute plus tard, les mélomanes jaillissaient du Club Soda le sourire aux lèvres, bien divertis par le tour de force kitsch et vivifiant d’un artiste en pleine possession de ses moyens, qui exploite son charme timide, sa maîtrise du malaise et son humour cabotin avec tact.

 

* Le spectacle de Damien Robitaille sera présenté en supplémentaire le 5 mars 2010, au Club Soda.

** Les photos proviennent du photographe Frederic Sune. Consultez son site web officiel pour en trouver plusieurs autres du spectacle.


 


 
 
 



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